reportage sur la marche des paysans sans terre indiens, de Gwalior à New Delhi, en octobre 2007
Les sans-terre indiens ne sont pas seulement en conflit
avec les grands propriétaires terriens ou le
gouvernement
lorsqu’il les exproprie, mais aussi avec…les dieux.
“Certains grands temples peuvent posséder jusqu’a 10 000 acres de terrain, explique M.Mariappan, avocat a Madurai. Selon une jurisprudence de la plus haute cour de justice d’Inde, “une idole est un personne juridique”, et peut donc posseder des biens”.
De là à incriminer Shiva ou Ganesh de l’état de pauvreté extrême des sans-terre, il y a cependant un pas !
En réalité, ce sont souvent les grands propriétaires locaux qui administrent ces terres entourant les temples et traitent les manoeuvres agricoles comme des esclaves. Ces paysans sans terre ne peuvent même pas obtenir de droit à l’exploitation continue des terres du temple.
Rien que dans le Tamil Nadu, les temples concentrent un sixième des terres cultivables. Par ailleurs, lorsque les différents Etats indiens ont cherché à déterminer de quelles terres ils disposaient afin de les redistribuer, les terres appartenant à des organisations religieuses ou de charité publique ont été exclues. Finalement, ce ne sont que 1.3% des terres fertiles qui ont été distribuées (selon les chiffres du rapport 2000-2001 du ministère du developpement rural).
Photo : statue géante de Shiva.