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reportage sur la marche des paysans sans terre indiens, de Gwalior à New Delhi, en octobre 2007

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Passage de relai

Apôtre de l’action non-violente mais non moins efficace, PV Rajagopal est surnommé par certains le nouveau Gandhi. Il est né en 1948, presque au moment où mourait le Mahatma. Originaire du Kerala, au Sud Ouest du pays, il avait pour père un combattant de l’indépendance. De 11 à 17 ans, il a travaillé dur pour devenir danseur de Kathakali, cette danse traditionnelle du Kerala qui flirte avec le théâtre. A 18 ans, il prit cependant conscience que les plus pauvres ne pouvaient pas assister à ces spectacles de danse qui duraient des nuits entières et voulut se consacer a une tâche plus utile. Il étudia donc l’agriculture.

A la fin des années 1960, à l’occasion de la célébration du centenaire de la naissance de Gandhi, il se proposa pour négocier en utilisant des méthodes gandhiennes avec les dacoits (hors-la-loi) qui occupaient toute une zone du Madhya Pradesh. Il fut d’abord rossé et entièrement dévalisé par les dacoits. Mais de fil en aiguille, il réussit à s’attirer l’amitié et la confiance de leurs enfants, puis d’eux- mêmes. Quelques temps plus tard, ils rendirent les armes a Gwalior devant un portait de Gandhi. Rajagapal connut ainsi sa première victoire non-violente.


Il travailla ensuite dans des zones rurales du Chhattisgarh et de l’Orissa mettant sur pied des groupes qui devaient aider les paysans les plus pauvres à résoudre leurs propres problèmes. Il fut souvent accusé par la presse d’être un missionnaire chrétien ou un propagandiste marxiste, car il luttait contre le travail forcé et les abus des grands propriétaires fonciers. Dans les annees 1980, il créa Ekta Parishad (”forum uni”), l’organisation qui a mis sur pied la marche Janadesh 2007. N’importe qui est libre de rejoindre cette organisation, à condition de renoncer à la violence. D’anciens rebelles naxalites (groupes maoïstes armés, très influents dans certaines régions tribales de l’Inde et notamment celles où le problème d’accès à la terre est le plus criant) en sont membres.  

Bon orateur et proche des sans-terre avec qui il travaille, Rajagopal sait utiliser des images qui leur parlent. Ses discours le long de Janadesh comparent parfois le gouvernement à une grossse pierre qui se se fendra pas au premier coup de marteau.

Rajaji -comme l’appellent les Indiens- est marié depuis une vingtaine d’années à une Canadienne nommee Jill qui l’accompagne dans sa lutte pour faire respecter les droits des plus faibles.


Informations recueillies auprès de l’intéressé et de Karl-Julius Reubke, auteur de la première biographie de Rajagopal (disponible seulement en allemand : Indien in Aufbruch. Yatra, sutra Experiment der Gewaltlosigkeit)  

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