reportage sur la marche des paysans sans terre indiens, de Gwalior à New Delhi, en octobre 2007
Bye bye Madhya Pradesh, namaskar Rajasthan ! La marche vient de quitter l’Etat du Mahya Pradesh pour entrer sur la terre des Rajpouts. Le Rajasthan est un Etat paradoxal : destination très prisée des touristes pour ses palais fastueux, c’est aussi un des Etats les plus pauvres du sous-continent, où une population essentiellement rurale se débat sur une terre aride, où fruits et légumes ne poussent que très peu. C’est aussi un des Etats où les mariages d’adolescents restent fréquents et où le système agraire féodal est le mieux ancré.
Depuis que nous avons passé la frontière entre les deux Etats, les paysages se font de plus en plus désertiques et le vent apporte de plus en plus de poussière. Pourtant, certaines regions du Madhya Pradesh n’avaient pas non plus reçu de pluie depuis 5 ou 6 ans. Dans le village tribal de Dursedi, la situation de sécheresse devient critique. Organisées en “self help groups”, les villageoises réussissent cependant à mettre dans un pot commun 15 roupies par mois chacune, pour payer des soins médicaux, une cérémonie de mariage ou des graines pour les plantations.
Dans ce pays d’inégalites criantes, l’eau de pluie est loin d’être la resource la mieux partagée. Pendant que le Madhya Pradesh et le Rajasthan ont soif, le Bihar et l’Uttar Pradesh ont été submergés par les inondations de la dernière mousson. Certains paysans du Bihar qui ont tout perdu dans ces inondations ont décidé de quand même participer à la marche jusqu’a Delhi. Ils ont d’autant moins à y perdre.
Photos : village du Madhya Pardesh. Droite : femme avec ses chèvres, entrevue depuis un pont au Rajasthan 
