reportage sur la marche des paysans sans terre indiens, de Gwalior à New Delhi, en octobre 2007
Le passage à Agra a porté un coup dur au moral des marcheurs de Janadesh. Le ministre du développement rural ardemment attendu, n’y a pas montré son nez, ne serait-ce que pou
r faire des promesses intenables. L’entrée dans Agra a aussi été éprouvante : l’air y est très pollué et la densité du trafic et le rétrecissement de la route empêchaient les cinq ambulances du cortège de le suivre comme elles le faisaient depuis le debut.
Beaucoup de paysans sans terre souffrent de pneumopathies en raison de la fraicheur des nuits à la belle étoile. Une centaine d’entre eux auraient déjà quitté la marche, découragés et/ou trop épuisés pour continuer.
Par ailleurs, le contexte politique actuel rend plus incertaine encore l’issue de la mobilisation. Le gouvernement de coalition est secoué de remous : le parti communiste menace de le quitter à cause de l’accord sur le nucléaire conclu avec les Etats-Unis. Si c’était le cas, le gouvernement tomberait et il faudrait organiser des élections anticipées, ce qui priverait les leaders de Jandesh d’interlocuteurs.
Toutefois, Sonia Gandhi (à la tête du parti du Congrès, première force de la coalition) et le premier ministre Manmohan Singh ont démenti vendredi lors d’une conférence de presse toute rumeur d’élections anticipées.