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reportage sur la marche des paysans sans terre indiens, de Gwalior à New Delhi, en octobre 2007

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La route des sources

Parmi les quelque 200 Occidentaux qui participent à la marche de paysans sans terre, d’un bout à l’autre ou pour quelques kilomètres seulement, chacun mériterait un roman. De l’inconditionnel des actions non-violentes, ancien du Larzac, à l’étudiante en anthropologie de l’EHESS, de l’anti-consumériste acharné au thésard passionné par le gandhisme, du défenseur de la ruralité arracheur d’OGM au gardien de nuit à tendances bouddhisantes, en passant par les médecins engagés et les fous de l’Inde en tout genre, chacun a ses motivations profondes, son étincelle dans les yeux, sous le rebord de son bob ou de son echarpe portée en turban.

Pourtant, sous ses interminables dreadlocks, Gerry Oulevay (photo) a une trajectoire encore plus atypique. Né il y a 24 ans dans un orphelinat de Bombay tenu par les religieuses de mère Térésa, puis adopté à l’âge de 8 mois par une famille suisse, il est venu en Inde sur ses propres traces. Et venu comment ? En vélo, tout simplement. Des Alpes suisses à Venise, de Ljubljana à Sofia, des rives turques de la mer Noire à l’Iran et au Pakistan, il a allègrement parcouru tout le chemin qui le séparait de New Delhi, pour venir ensuite rejoindre le cortège de Janadesh à pied.

“Le plus dur a été la traversée des Alpes dans la neige, au mois d’avril, raconte-t-il. J’ai même dû prendre un train pour passer un col.” Après la fin de la marche, il enfourchera à nouveau son vélo et, rejoint par sa femme, pédalera jusqu’à Bombay, pour travailler dans l’orphelinat de ses origines, et peut-être remonter la piste de sa mère biologique, qui semble mener a Goa.

Comme il faut donner le temps à ce genre de projet de prendre toute son amplitude, Gerry a pris trois années sabbatiques. Après l’Inde, il prévoit de continuer sa route, toujours en couple et en velo, vers…le Salvador. “Ma femme vient de là, et on pourrait y aller à travers l’Asie du Sud-Est, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, puis en bateau”.

Quand les rêves de certains sont à la dimension du monde, les maillots jaunes de tout  pays n’ont qu’à bien se tenir ! 

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