reportage sur la marche des paysans sans terre indiens, de Gwalior à New Delhi, en octobre 2007
Je prenais Jaganath pour un homme travesti en femme, mais plusieurs personnes m’ont assuré qu’il s’agissait d’un hermaphrodite. Sari brode, rouge a lèvres rose sous une légère
moustache noire, menton viril, il danse, tourne et tourbillonne au son des tambourins dans le cortège des paysans sans terre.
Ce danseur professionnel est venu avec quarante personnes de son village, près de Gwalior, dans le Madhya Pradesh. Habituellement, il danse dans les mariages et autres cérémonies, gagnant parfois jusqu’à 2000 ou 3000 roupies (40 ou 60 euros) en une seule fois. Qu’ils soient eunuques, hermaphrodites ou travestis, ces danseurs sont censés porter bonheur, mais vivent pourtant en marge de la société.