reportage sur la marche des paysans sans terre indiens, de Gwalior à New Delhi, en octobre 2007
Le jour du départ de la marche, Anaïs Hammel, la coordinatrice des occidentaux participant à la marche, disait que beaucoup de gens prédisaient que la marche n’irait pas jusqu’à Agra, que des milliers de personnes seraient sans doute arrêtées avant pour atteinte a l’ordre public. “Arrêter 10 000 personnes à la fois ne leur fait pas peur, ils l’ont déjà fait” soulignait-elle.
Pourtant, c’est pour l’instant exactement l’inverse qui se passe : “les policiers sont très amicaux, ils ne font que nous aider !” se rejouit Rajagopal. La marche suit l’autoroute toute neuve allant de Goa à New Delhi, dont la police a bloqué tout un côté pour que Janadesh puisse progresser sans encombre. La circulation se concentre donc sur deux voies et de temps en temps les 25 000 marcheurs s’arrêtent et s’accroupissent en plein soleil, le temps que la police fasse traverser les camions et divers véhicules. 
Le long de la route, on croise aussi de temps en temps un camion portant l’inscription “riot control vehicule” (camion anti-émeute), mais la discipline des groupes de 1000 marcheurs et le caractère non-violent de la marche ont jusqu’ici rendu inutile toute intervention. Lorsque le cortège traverse des villes, les enfants des écoles en uniformes lancent des fleurs aux marcheurs et des habitants leur tendent des cruches d’eau. Pendant ce temps, les leaders du mouvement ont fait parvenir au ministre national du développement rural une première liste de propositions de réformes, qui est en train d’être examinée.